• CINDY TROTTIER

Lifestyle | Est-ce que ce le zéro déchet ou le minimalisme sont accessibles à tous ?

Quand vient le temps de débuter une transition écologique, il est normal de se poser beaucoup de questions. Parmi les commentaires fréquemment partagés sur les réseaux sociaux, on peut y lire que les modes de vie écologiques «augmentent la charge mentale» et «favorisent l'augmentation des tâches au sein d'un foyer». Ainsi, choisir un mode de vie écoresponsable dans notre société moderne serait forcément inaccessible.


Pour l’avoir expérimenté, je réponds à la question : est-ce que ce le zéro déchet ou le minimalisme sont accessibles à tous ?


Photo de Elina Sazonova provenant de Pexels


 

Est-il plus difficile d’avoir un mode de vie minimaliste dans une vie familiale ?

Il faut d’abord différencier le minimalisme du mode de vie zéro déchet. Ce sont deux choses bien distinctes, mais qui peuvent aller de pairs. Le minimaliste invite essentiellement à vivre dans le moment présent, sans s’encombrer de biens matériels. On peut très bien être minimaliste et continuer d’acheter des produits emballés au supermarché, faire usage de produits jetables lors de nos déplacements et voyager sans se questionner sur les impacts environnementaux liés à ce plaisir. L'aspirant «zéro déchet», quant à lui, pousse souvent plus loin ses réflexions en se questionnant sur l’impact écologique d’un produit, d’une habitude ou même d’un loisir. Ce qui est loin d’être simple !


Quels sont les défis supplémentaires ?

Parmi les défis supplémentaires, il y a toute l’approche de la gestion familiale. D’une certaine façon, il est beaucoup plus simple d’envisager ces modes de vie en habitant seul(e), car personne ne peut réellement s’interposer dans nos choix... du moins, à la maison ! En famille, cela demande une bonne réorganisation du quotidien, mais surtout une distribution équitable des tâches, afin de ne pas se retrouver avec l'ensemble des responsabilités sur nos épaules. Nous devons également tenir compte des besoins de chacun afin d’évaluer leurs limites personnelles. Ce qui est essentiel si l’on souhaite que tout le monde s'implique !


Quels sont les impacts de votre mode de vie, sur votre humeur et vos sentiments ?

Tout est une question de perception. Personnellement, moins je suis encombrée d’engagements et de possessions, mieux je me porte ! Ce qui m’importe c’est d’être entourée des miens et en sécurité. Cependant, apprendre à vivre avec moins est souvent mal compris dans notre société qui, avouons-le, valorise le statut social d'un individu en fonction de ses biens et de son pouvoir d’achat. Par conséquent, il est possible d’être confronté à un certain «rejet» de la part de vos proches, de vos amis ou même de vos collègues, lorsque vous choisissez de sortir du moule.


Autrement, la philosophie minimaliste passe très souvent par l'apprentissage de traditions spirituelles orientales, tel que la méditation ou la cérémonie du thé. J'ai retrouvé beaucoup de réconfort et de sérénité au travers des lectures sur le sujet. Quant au zéro déchet, il est majoritairement expliquer de façon très «contraignant», ce qui peut être anxiogène voire culpabilisant pour certains. Dans une époque où nous sommes dans une perpétuelle course contre la montre, il se peut que vous ayez l'impression que ce mode de vie est inatteignable et qu'il contribuera à alourdir votre charge mentale. Cependant, vous avez le droit de respecter vos limites et de ne pas accepter la pression sociale qui peut être être ressentie dans le milieu. Chaque chose en son temps. J’ai personnellement débuté ma transition écologique par l’intégration d'une philosophie minimaliste avant même d’aller plus loin.


Considérez-vous que ce mode de vie convient et est accessible à tout le monde ?

J’ose croire que le mode de vie minimaliste est accessible à tout le monde... Vraiment tout le monde ! En revanche, choisir le zéro déchet, dans son moto le plus strict, beaucoup moins. Il implique des facteurs externes hors de notre contrôle qui peuvent très rapidement devenir une source de frustration : l'accès à des produits en vrac et bio, à des biens usagés, ou simplement l'accès à un programme de gestion des matières résiduelles adéquat, par exemple. Mais tout ceci peut se balancer en se félicitant pour les efforts que l'on peut fournir, malgré nos contraintes. Il est tout à fait possible de réduire ses déchets, sans tomber dans les extrêmes. Ce sera bénéfique pour l'environnement, tout comme pour votre porte-monnaie !


Est-ce plus dispendieux de faire nos choix de consommation en fonction d’avoir un impact environnemental minime ?

Pour moi, c'est un non... mais seulement si vous choisissez de réduire vos besoins à l’essentiel. Dès lors, il suffit d’opter pour des produits simples et de base pour se nourrir, d’acheter l’essentiel pour l’entretien de la maison, de se vêtir avec peu, de vivre dans plus petit, etc. Eh oui, c'est une forme de simplicité volontaire. Où l’on note une augmentation des dépenses, c’est lorsque le consommateur tente de remplacer tous ses achats habituels, voire même plusieurs de ses possessions, par des achats plus «écologiques» d'un seul coup. Alors oui, dans ces cas précis, la facture risque d’être très salée ! Ce phénomène est très fréquent chez les novices car personne n’est à l’abri d’un bon coup publicitaire vert. Ainsi, plutôt que de consommer avec modération, nous surconsommation des produits «écologiques». Quel paradoxe ! Dans tous les cas, vous devriez toujours vous poser la question : En as-tu vraiment besoin? avant de déposer quelque chose dans votre panier.


J’ajouterais que les consommateurs ne sont pas forcément habitués de faire leurs achats dans les commerces de vrac. Ils sont alors ébahis devant une multitude d’options sans emballage, plus alléchantes les unes que les autres, ce qui augmente forcément la tentation d'acheter plus de produits que le nécessaire. De plus, comme ces produits sont vendus essentiellement au poids, il n’est pas rare d’en découvrir le véritable prix qu’une fois à la caisse. Ainsi, une barre de chocolat fin de 100 g joyeusement emballée à 4,99 $, devient une véritable gourmandise de 250 g... avec le prix qui l’accompagne ! Utiliser un format précis pour certains produits, comme un pot Masson de 500 ml, est un bon indicateur afin d’éviter ce genre de surprise. Autrement, il faudra être un peu plus prudent, car tout ce que vous déposerez dans votre contenant devra y rester.


Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut commencer à adopter un mode de vie minimaliste et zéro déchet ?

Que vous choisissiez l’un ou l’autre, ou une combinaison de ces deux modes de vie, commencez par apprendre à connaître vos propres habitudes de consommation. Ce sera très salutaire lorsque viendra le temps d’apporter quelques changements à votre vie et de vous améliorer. Vous pourrez ensuite mieux définir ce qui vous convient ou non au travers de ces nouvelles façons de consommer. N’hésitez pas à vivre avec ce que votre communauté locale peut vous offrir. Vous seriez surpris de tous les services accessibles et gratuits que vous pouvez y retrouver.


Bonne chance !

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